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Choisir son thérapeute. Psychiatrie, psychologie, psychothérapie, thérapie : quelles différences ? Où se situe la thérapie narrative ?

  • 8 févr.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 févr.

L'Organisation Mondiale de la Santé intègre le bien-être mental et social à la définition générale de la santé : "La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité."


L'approche française considère la santé mentale comme une dynamique et propose trois dimensions que toute personne peut rencontrer au cours de sa vie :


  • La santé mentale positive qui recouvre le bien-être, l'épanouissement personnel, les ressources psychologiques et les capacités d’agir de l’individu dans ses rôles sociaux.

  • La détresse psychologique réactionnelle (induite par les situations éprouvantes et difficultés existentielles (deuil, échec relationnel, scolaire...), qui n’est pas forcément révélatrice d’un trouble mental.

  • Les troubles psychiques qui présentent un très large spectre, allant des troubles légers et ponctuels à des troubles sévères, chroniques et invalidants.


Une consultation thérapeutique

Comment maintenir ou atteindre un état de santé mentale "positif" ?

De nombreux facteurs entrent en compte et il est parfois nécessaire de choisir un thérapeute pour nous accompagner.



Psychiatre, psychologue, psychothérapeute, thérapeute... dans cet article, je propose quelques repères pour s’y retrouver… et comprendre où se situe mon propre cadre de thérapeute narrative.


  1. Psychiatrie, psychologie, psychothérapie : de quoi parle‑t‑on ?


La psychiatrie : une spécialité médicale

La psychiatrie est une spécialité de la médecine qui s’intéresse aux troubles psychiques (dépression sévère, troubles psychotiques, troubles bipolaires, addictions…).

Le psychiatre est médecin : il pose des diagnostics, prescrit des médicaments, peut proposer des psychothérapies et travaille souvent en lien avec des équipes pluridisciplinaires (hôpital, Centres Médico-Psychologiques, cliniques…).

Pour la personne, consulter un psychiatre implique d’entrer dans le système de santé, avec ses droits (dossier médical, information, consentement, secret médical) et une prise en charge financière de la sécurité sociale.


La psychologie : science du psychisme et pratique clinique

La psychologie est d’abord une discipline scientifique qui étudie le fonctionnement psychique, le comportement, les émotions, les relations. Le psychologue, dont le titre est protégé, a une formation universitaire de niveau Master et peut travailler dans de nombreux contextes : hôpital, école, entreprise, libéral, institutions...

En "clinique", il propose des entretiens, des bilans, des évaluations, et peut, selon sa formation, mener des psychothérapies relevant de différents courants (TCC, psychanalyse, humanisme, systémique…).


La psychothérapie : un traitement par la parole et la relation

La psychothérapie désigne un traitement de la souffrance psychique et des troubles mentaux par des moyens psychologiques : parole, relation, expérimentation, mise en mouvement. En France, ce n’est pas le mot « psychothérapie » qui est strictement encadré, mais le titre de « psychothérapeute », attribué sous conditions à certains professionnels (psychiatres, médecins, psychologues, psychanalystes remplissant les critères).

Dans les faits, de nombreuses formes de psychothérapie coexistent : certaines très étudiées (Thérapies Cognitivo-Comportementales, EMDR…), d’autres plus récentes ou moins standardisées.


2. Le mot « thérapie » : un terme large et ambigu


Le terme « thérapie » est beaucoup plus large : il signifie « soin » ou « démarche visant à soulager, transformer, guérir ». Il intègre donc toutes les pratiques définies précédemment. On parle aussi de thérapies corporelles, de thérapies brèves, de thérapies familiales, de thérapies « alternatives », etc. En France, le terme lui‑même n’est pas protégé : juridiquement, ce sont les titres (psychologue, médecin, psychothérapeute, etc.) qui sont encadrés. En conséquence, de nombreuses personnes peuvent se présenter comme « thérapeutes » avec des formations, des cadres et des références éthiques très variés.


Pour la personne qui consulte, cela rend d’autant plus important de vérifier la formation, le positionnement et la clarté du cadre de travail du professionnel. Le vocabulaire utilisé (« patient », « client », « personne accompagnée ») n’est pas neutre : il dit quelque chose de la place de la personne, du rapport au pouvoir, et du lien implicite ou non au champ médical.


3. Ce qui distingue la thérapie narrative


La thérapie narrative est née dans les années 1980‑1990, en Australie et en Nouvelle‑Zélande, sous l’impulsion de Michael White et David Epston, thérapeutes familiaux.

Elle part d’une idée simple et puissante : les êtres humains donnent sens à leur vie à travers des histoires. Certaines histoires deviennent dominantes – souvent centrées sur des problèmes – et réduisent la personne à des étiquettes : « dépressive », « en échec », « trop sensible », « traumatisée », « borderline »…


La thérapie narrative occupe une place spécifique comme approche relationnelle, non médicalisante, centrée sur les histoires de vie et les ressources des personnes. Elle est enseignée à des professionnels de la relation d’aide (thérapeutes, psychologues, coachs, travailleurs sociaux, médecins…), notamment par des organismes spécialisés comme La Fabrique Narrative ou l’Institut Repère.


Des synthèses de la littérature montrent que la thérapie narrative produit des effets prometteurs sur la réduction de symptômes (dépression, stress post-traumatique), l’estime de soi et le fonctionnement relationnel, avec des effets comparables à certaines psychothérapies plus établies, même si le corpus de recherches reste moins volumineux.


Personnellement, je me suis formée à la Fabrique Narrative en 2021 pour le cycle initial et je participe régulièrement à des formations complémentaires (Arbre de vie, voyage de vie, affûtage de questions, conversations en miroir, approche narrative du trauma...).


  1. Les attentes dans le choix du professionnel à consulter


Vers un psychiatre :

La personne attend souvent un diagnostic, une prise en charge de symptômes sévères (anxiété majeure, dépression sévère, psychose…) et éventuellement un traitement médicamenteux, parfois dans un contexte de crise ou de contrainte (hospitalisation). Les résultats visés sont la réduction des symptômes (hallucinations, crises, insomnie, idées suicidaires…), la prévention des rechutes, la stabilisation et la réinsertion sociale.


Vers un psychologue ou psychothérapeute :

La demande porte davantage sur la compréhension de soi, la gestion d’une souffrance récurrente, des relations, des traumatismes, avec l’idée d’un travail de parole au long cours ou sur une période définie. Les résultats visés sont l'amélioration du fonctionnement psychique, la diminution de la souffrance, le développement de capacités d’autorégulation, de compréhension de soi et de qualité relationnelle.


Vers des « thérapies » non réglementées :

Les personnes cherchent souvent des approches vécues comme plus « humaines », pragmatiques ou alternatives, avec moins de connotation médicale, mais s’exposent à un cadre variable et à une qualité de formation hétérogène. Les résultats visés sont un bien‑être, un changement comportemental, une résolution de difficultés ponctuelles, un développement personnel, parfois en dehors d’une perspective de pathologie.


Vers la thérapie narrative :

Les clients viennent souvent avec le sentiment d’être enfermés dans leurs problèmes (dépression, échec, trauma, identité figée) et trouvent un espace pour se reconnecter à leurs valeurs, leurs relations et leurs ressources oubliées ou inaccessibles. L’expérience subjective en thérapie narrative est décrite comme collaborative, non culpabilisante ni pathologisante, où la personne reste experte de sa propre vie, le praticien adoptant une position décentrée et de non‑savoir. Les résultats visés sont l'assouplissement ou la transformation des histoires dominées par les problèmes, l'augmentation du sentiment d’efficacité personnelle, de la résilience, de la satisfaction de vie et des liens sociaux, un repositionnement identitaire plus conforme aux valeurs et préférences de la personne.


Je propose la thérapie narrative comme une façon de travailler les histoires de vie, les identités, les relations et les projets, en complémentarité avec les prises en charge médicales ou psychothérapeutiques quand elles sont nécessaires.





Sources :


Haute Autorité de Santé (HAS). (2022, 17 septembre). Programme « santé mentale et psychiatrie » de la HAS. https://www.has-sante.fr/jcms/c_1721760/fr/programme-sante-mentale-et-psychiatrie-de-la-has


Santé publique France. (2025, 29 septembre). Santé mentale. https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/sante-mentale


Institut Repère. (2023, 6 décembre). Qu'est-ce que l'approche narrative de Michael White ?https://www.institut-repere.com/Institut-Repere/qu-est-ce-que-l-approche-narrative.html


La Fabrique Narrative. (2024, 20 juin). Médecine narrative et thérapie narrative. https://lafabriquenarrative.org/blog/mdecine-narrative-et-thrapie-narrative


Association française de thérapie comportementale et cognitive (AFTCC). (s. d.). Les thérapies comportementales et cognitives (TCC). https://www.aftcc.org/les-therapies-comportementales-et-cognitives




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