Comment j'ai renoué avec les sciences "dures"
- Emmanuelle Soumeur

- 28 janv.
- 4 min de lecture
Le drame de ma vie, c'est que tout m'intéresse. Si je le pouvais, je percerais les secrets de l’univers entier !
Au fil des années, j’ai exploré bien des mondes — l’urbanisme, le travail social, la politique de la ville, le droit, l’écologie, la formation, la psychologie, le coaching, la spiritualité et tant d’autres. Chaque domaine m’a appris quelque chose de l’humain : sa créativité, ses paradoxes, sa capacité à bâtir et à se transformer.
Pourtant, un pan entier de connaissances m’était resté fermé depuis le lycée : les sciences dites « dures ».
Jusqu’à ma rencontre avec Anne-Laure Nouvion PhD en 2021.
Découvrir le fonctionnement du cerveau
Avec elle, j'ai découvert les neurosciences, c'est-à-dire les sciences du système nerveux, et derrière ce mot parfois intimidant, une manière fascinante de comprendre ce qui fait que nous sommes… nous. Comment nos émotions, nos décisions, nos comportements prennent racine dans la matière vivante, mouvante et infiniment subtile qu'est notre cerveau.
Le génie d'Anne-Laure, c'est de rendre accessible ce qui semble d'une complexité folle. Elle l'explique ainsi : imaginez un cerveau avec deux pilotes.
Les 2 pilotes du cerveau : une métaphore puissante
Anne-Laure a élaboré un modèle basé sur les découvertes en neurosciences. Elle parle du pilote protecteur et du pilote exécutif pour schématiser deux parties de notre cerveau qui cohabitent et parlent des langages différents.
Le pilote protecteur (ou cerveau du bas) a une raison d'être simple : la sécurité. C'est celui qui réagit sans réfléchir, guidé par nos émotions instinctives, nos peurs, nos automatismes. Il a été câblé par l'évolution pour nous garder en vie, à tout prix. Quand il détecte une menace — réelle ou imaginaire — il déclenche des réactions très rapides : fuite, combat, ou immobilisation. C'est lui qui prend les décisions instinctives, souvent justes d'ailleurs, mais parfois trop hâtives.
Le pilote exécutif (ou cerveau du haut) a une raison d'être différente : le sens et la cohérence. C'est celui qui observe, analyse, raisonne. C'est lui qui nous permet de prendre du recul, de choisir consciemment, de donner du sens à nos actions. C'est le siège de notre logique, de notre conscience, de notre intention.
Le problème ? Les connexions neuronales du cerveau bas vers le cerveau haut sont beaucoup plus nombreuses que l'inverse. Cela signifie que l'émotion prend souvent le dessus sur la réflexion — d'où le nom parfait de cette dynamique : l'alliance entre sens et sécurité. Notre pilote exécutif a besoin de temps pour se calmer, pour réévaluer la situation, et adapter sa réaction.
Pour accompagner le changement efficacement, il faut que ces deux pilotes travaillent ensemble. C'est là que tout se joue.
Les 7 clés scientifiques du changement
Anne-Laure a identifié sept clés qui déverrouillent les freins au changement — ces blocages qui nous paralysent face à la transformation. Elles ne sont pas des concepts abstraits : ce sont des leviers concrets que vous pouvez utiliser quotidiennement.
1. Le sens — L'humain change quand il comprend pourquoi. Il a besoin de donner du sens à sa transformation. Sans sens, le pilote exécutif reste confus.
2. La sécurité — Pas de changement sans confiance. Tant que nous ne nous sentons pas en sécurité, le pilote protecteur verrouille toutes les portes.
3 et 4. Le temps et la répétition — Le changement ne se fait pas d'un coup. Notre cerveau a besoin de temps pour consolider de nouveaux apprentissages, pour tisser de nouvelles connexions neuronales. Les nouvelles routines doivent être répétées.
5. La récompense — Le changement passe par l'action, et l'action se déclenche quand nous anticipons du plaisir, une récompense, une satisfaction.
6. Le collectif — Nous sommes des créatures profondément sociales. S'entourer d'autres, partager, s'appuyer sur un collectif devient un levier extraordinaire pour changer. Les neurones miroirs jouent un rôle crucial ici : nous apprenons en observant et en imitant.
7. L'écologie — L'environnement au sens large (physique, social, culturel) influence nos comportements. Adapter notre écosystème, c'est soutenir le changement à la racine.
Pourquoi c'est génial
Ces sept clés offrent une grille de lecture scientifique accessible et opérante. Elles transforment la façon dont les managers, dirigeants et professionnels de l'accompagnement envisagent le changement.
Quand vous comprenez que le changement d'une personne dépend aussi de sa sécurité ressentie, du sens qu'elle donne à sa transformation, du plaisir qu'elle anticipe, vous devenez plus intelligent, plus respectueux, plus efficace.
Celles et ceux qui résistent ne résistent pas au changement lui-même, mais à une perception de menace, à une absence de sens, ou à un manque de sécurité.
Nul besoin d’un doctorat pour suivre ses pas — elle a déjà défriché le chemin. Grâce à son approche, nous disposons de clés pratiques pour relier la science à notre développement, à la relation à soi et aux autres. C'est cette approche généreuse et rigoureuse qui m'a conduite à rejoindre Anne-Laure au sein de l'Académie des Neurones.
Pour approfondir, le livre d'Anne-Laure Nouvion PhD est disponible ici :




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